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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 12:00

jardin-du-luxembourg

Publié le 24 avril 2010 dans la revue Ploc n°14
Association pour la promotion du haïku

 

 

 

 

 

 

 

 


En cette fin d'après midi, je marche seule sur les quais de la Seine. Les bouquinistes gelés sautent d'un pied sur l'autre en soufflant dans leurs mains. La Seine est d'un gris métallique, pas une ride sur l'eau ; à quai, une péniche m'a fait penser que j'aimerais faire un voyage.

En écoutant le cri des mouettes, alors que les heures s'égrènent lentement, j'ai eu le sentiment étrange d'avoir déjà vécu ce moment, cette atmosphère mélancolique et en même temps heureuse, comme libérée d'un poids.


Grise la Seine
je marche le nez au vent
les mouettes aussi


Une sensation de liberté absolue m'envahit.
Je n'ai rien ressenti de tel depuis bien longtemps.

J'écoute le bruit étouffé de mes pas dans la neige tout en me rappelant les igloos que je faisais enfant. Qu'il est loin ce temps d'insouciance où rien n'a d'importance, seulement le jour qui passe sans penser au lendemain ni au jour d'avant.

Espérant échapper au froid, je marche d'un pas alerte.


Glacée par le vent
les lèvres entrouvertes
– un petit nuage


Devant la précarité de la vie de cet homme au coin de la rue, l'indifférence des passants me pince le cœur ; je lui donne quelques pièces.


Les yeux dans le vague
buvant seul sous la lune
l’homme sans rien


Je poursuis mon chemin…


Déjà la nuit, il n'est pourtant que dix-huit heures, il me reste encore un peu de temps pour m'imprégner de la ville du côté des Champs Élysées.


Écoute ce soir
les rumeurs de la ville
à peine assourdies


La neige se transforme en une pluie glaciale.


Plic ploc plic ploc plic
petite cantate de pluie
plic ploc plic ploc ploc


L'avenue brille de mille feux, les boutiques sont richement décorées, une effervescence s'est emparée de la ville, tout doit être beau, gai ; Noël approche à grand pas.

Ivre de froid et de fatigue, je rentre à l'hôtel par le métro direction porte de Vincennes.
Quand on pénètre dans le métro, on a l'impression d'être dans un autre monde. Les gens sous terre ne ressemblent pas au gens d'en haut. Ils marchent mécaniquement le regard dans le vide, ils ne parlent pas, n'osent pas se regarder ; s'ils le pouvaient, ils ne respireraient même plus. Le temps passé dans le métro est une absence de vie.

Me voilà enfin arrivée, je décide de défaire ma valise et ranger mes vêtements. La lumière de cette chambre est désagréable, j’allume une bougie.


Sur le porte manteau
ma veste et mon chapeau noir
l'ombre de moi-même


Le froid m’a transpercé jusqu’aux os, je me love dans la baignoire.


Dans un grand bain chaud
je m'endors quelques instants
à l'heure du repas


Après ce moment de détente très réconfortant, je regarde par la fenêtre.


S'étendant au loin
comme les ailes d'un oiseau
les versants des toits


À partir de midi, le ciel s'éclaircit légèrement et je décide de reprendre mon périple dans la ville. C'est très émouvant de revoir les endroits où je suis déjà allée en d'autres circonstances. Ceci est presque un pèlerinage. Les émotions sont différentes, teintées de mélancolie parfois de tristesse.

Je traverse Paris à pied, direction les jardins du Luxembourg ; j'ai toujours aimé le nom de ce jardin. Ses larges allées rythmées par des statues et surtout, un endroit adorable, avec une verrière où, à une époque heureuse de ma vie, j'ai pris un petit déjeuner dont le souvenir me laisse comme un goût de nostalgie.

Vers treize heures, je m'installe sous la verrière du bar dans ce jardin presque désert.

Boire un thé, breuvage magique, doux ou fort, léger ou soutenu, son parfum, les feuilles si délicatement déployées une fois infusées, tout un art de vivre.


Seulement pour moi
lorsque je saisie la tasse
ce parfum de thé…


M'étant enquise du prix de ce breuvage, je vais payer et quitte l'endroit sans me retourner. Des jardins du Luxembourg au musée du Louvre, quelques kilomètres seulement ; j'ai besoin de marcher. Il fait froid, tout est mouillé, les arbres paraissent plus sombres.


Un creux de pluie
sur la chaussée grisâtre
naissance d'un lac


Si petit ce lac et pourtant que de tristesse il évoque en moi.

Sans trop savoir ce que j'allais faire après cet été, sans but précis, seulement l'espoir de retrouver une vie paisible et riche d'amour, de joie de vivre, d'insouciance. C'est incroyable ce que l'on peut perdre dans les montagnes !


Dans les brumes d'un soir
je l'ai encore égarée
mon insouciance


L'été, saison d'opulence. Les arbres sont feuillus, les fruitiers donnent abondamment, partout des fleurs. Les crêtes des montagnes sont bien dessinées, l'herbe est plus verte, la faune et la flore sont plus actives. Les nuits sont d'un bleu profond allant parfois jusqu'au noir. Le ciel est constellé d'étoiles et la lune paraît plus brillante.


Si près de Vénus
la lune accrochée au ciel
rosit de plaisir


À la tombée du jour, la lumière du soleil cachée derrière l'horizon, les arbres semblent courbés sous le poids de la nuit qui approche.


Fourbus les arbres
sur les crêtes rocheuses
– coucher de soleil


Je marche dans les rues de Paris, comme pour me libérer de tout, de ma tristesse, de ma désespérance, de mon dégoût des choses, de l'ennui que j'éprouve à la compagnie des autres, du catastrophisme ambiant.

J'ai besoin de me retrouver, de me ressourcer, de m'occuper de moi, de faire des choses pour moi – de devenir égoïste. Besoin également de me préserver, chose que je n'avais pas faite depuis vingt années. Je me suis, pendant tout ce temps, abandonnée, confiante, sûre de lui. Je me sentais différente, je pensais avoir une chance incroyable, je n'étais pas comme toutes les autres femmes, et puis, brutalement, je me suis retrouvée dans la même situation que quelques unes de mes connaissances.

En face de moi, j'ai un homme différent de celui que j'avais rencontré, un homme qui a changé. Je suis sûrement coupable de ne pas m'en être rendue compte et d'être restée sur mon petit nuage comme si tout allait bien.

C'est l'heure du bilan, on en fait à différentes époques de sa vie, toujours ou souvent à des moments difficiles de son existence. Aujourd'hui c'est parce qu'il a croisé “un ange blond” venu de l’Est, de cette ville mythique s'il en est, Prague.


***

Je reprends mon pèlerinage dans la capitale, déjà le Louvre ! Je n'ai même plus envie de pénétrer à l'intérieur, trop de monde. Je vais m'asseoir au café Marly boire une tasse de thé. Deux hommes arrivent à ma hauteur ; l'un parle avec douceur tandis que l'autre écoute avec tendresse, accroche mon regard.


Le père et le fils
éphéméride d’un jour
à eux deux, cent ans


Je les regarde marcher, leurs pas s'accordent parfaitement. Je ressens une complicité. L'homme, le plus âgé, a un regard malicieux et tout à la fois bienveillant ; ils semblent être en harmonie avec ce qui les entoure. Serait-ce la voie de la sagesse ?

Ce café est un endroit agréable, sous une galerie en face du Louvre, le bruit à l'intérieur est feutré et le thé délicieux. Il y règne un air de fête, les gens sont élégamment vêtus, certains ont des paquets cadeaux avec de très beaux nœuds, emballés dans de riches papiers – il est vrai que le jour de l'an est proche.


Quelques vibratos
ce soir à l’heure des complis
– sonne un carillon


Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Rien n'est jamais acquit. Comme on me l'a fait remarquer, “une alliance n'est pas une assurance vie”. Cette remarque est judicieuse de même que “le mariage n'est pas une fin en soi”, mais cela peut être un moment plus ou moins heureux dans une vie.


S’invite la lune
là sur le vieux banc de bois
– mon ombre s’éclipse…


J’aime la nuit qui tombe. Dans la cour du Louvre, devant les pyramides de verre toutes en lumière, c'est féerique. Je reste quelques instants à admirer cette architecture ; finalement j'irais bien me promener du côté du Pont Neuf qui n'est pas très loin du Louvre.

Je longe la Seine, c'est beaucoup plus calme à cette heure de la journée. Devant moi, une mère et ses enfants, l'un dans une poussette, l'autre, un petit bonhomme bien emmitouflé, court en déployant les bras, comme les ailes d'un oiseau – visiblement le rêve d'Icare n'est pas mort. En face de moi, un couple d'amoureux, elle, serrée contre lui, la tête posée sur son épaule…


Aucune différence
entre l'horizon et le ciel
camaïeu de gris


Penchée au-dessus du parapet, je regarde l'eau s'écouler…
J'ai l'impression que ma vie s'est enfuie aussi vite que l'eau qui court sous ce pont.


Après quoi court-elle
sans jamais se reposer
la couleur de l'eau ?


Sur le chemin du retour, je m'arrête dans une boutique de chocolats. Un jeune homme, avec une toque blanche, m'invite à goûter un chocolat noir en m'expliquant la qualité des fèves de cacao, leurs origines et la manière de les travailler. Aucune résistance de ma part, pour acheter quelques chocolats, après tout, j'étais là pour ça.


À la fin du jour
des ombres qui s'effacent…
les reflets sur l'eau


Rentrée à l'hôtel, je ne résiste pas à la gourmandise et croque suavement un chocolat à la nougatine… puis un autre… et encore un… jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus. Je me revois enfant chapardant les chocolats et les mangeant en cachette, au grand désespoir de ma mère quand elle découvrait le larcin.

Plus tard dans la soirée, je retrouve mes collègues pour faire une partie de cartes, ponctuée de fraises « tagada » et autres sucreries du même genre, si bien que, prise de nausées, j'abandonne mes partenaires pour aller me coucher.


Au fond de mon lit
sous une couette bien chaude
là, tout simplement


Blottie contre l'oreiller, je repense à aujourd'hui, puis à hier, tout se mélange…

La lune disparaît
entre les bras des nuages
– je ferme les yeux…


Soudain, j’entends des bruits d’eau, de pas, de valises qui cognent les murs dans le couloir. On peut espérer mieux comme réveil…

Voir la mer, c'est toujours quand il fait froid que j'y pense, alors qu'en été je préfère la montagne – en tout cas jusqu'à présent. Je ne sais pas si je pourrais y retourner avant longtemps.


Un rêve de bonheur
égaré dans les montagnes
– un ange l'a gardé


Voilà ce qu'évoque, pour moi, l'été dernier à la montagne.


Le vent froid de l'Est
par la porte s’est introduit
sans rien demander


Ce soir, je vais boire à la nouvelle année, “au bout de l'an” comme le dit Bashô.


Vertiges d'ivresse
bouteilles par-dessus les toits
la tête dans le sac


Je me suis éclipsée avant l’euphorie des souhaits de « Bonne Année » ; je me sens si seule, finalement je vais me coucher.


Un rêve n'est qu'un rêve
semble me dire la lune
– réveil en sursaut


La nuit est encore là, et comme toutes les nuits je me réveille après m'être repassé le film des vacances en boucle.

Voilà vingt ans d’une vie et qu’en reste-t-il ?


À mon chant d’amour
sans vergogne s’est mêlé
le chant d’une aigrette


Le Jour de l’An s'achève. Bientôt le départ.

Je marche dans la rue Maurice Ravel jusqu’au métro Porte de Vincennes en direction de la Gare de Lyon.


Au crépuscule
une procession de lucioles
les phares sous la pluie


La gare grouillante de monde. On se croirait le jour de la bénédiction papale sur la place Saint-Pierre de Rome. Une effervescence indescriptible… les valises s’entrechoquent… surtout ne pas « rater le train ».

Trois heures et demie de voyage…

Sur le quai, il m’attend. Mon cœur bat la chamade.
Il est vingt trois heures au clocher de l’église. Il se peut que la vie ne nous ait rien promis,
La seule chose dont je sois certaine c’est que malgré tout


J'aime les roses
les nuits de pleine lune
et l'homme aux haïkus

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 11:55

venise serenissime   

 

 

 

 

   Publié le1er février 2010 
   Ploc¡ la revue du haïku n° 11
   
   
   
   
   
   
   
    
   
   
   
Le charme commença à opérer lors de ma première visite dans la cité des Doges. Cette cité unique au monde a le pouvoir de prendre votre âme et de vous envoûter comme l’aurait fait une courtisane.Venise la Sérénissime… parée des atours d’une Diva, de bijoux de mosaïque, tantôt dentelle gothique ou brocarts byzantins.


Reine au front ocre
union entre terre et eau
– suspendu le temps



Je me laisse porter par la magie des lieux au détour de chaque ruelle.
Sur les campi ou les campielli le puits, source de vie, se tient à la place d’honneur.
Les mitres des cheminées sont inchangées depuis la Renaissance. Les quatre cent onze ponts relient entre elles les cent dix-huit îles de la lagune, dont un tristement célèbre, le Pont des Soupirs, franchi par les condamnés pour rejoindre leur geôle – la légende dit qu’avant d’être enfermés, jetant un ultime regard sur le rio, les condamnés poussaient un soupir. Le non moins célèbre Pont du Rialto, temple des marchands, enjambe le grand canal ; grouillant le jour et si paisible la nuit, certain soir une mélodie vous y attire comme le chant des sirènes.




Sur le Rialto
assis au bord du silence
un joueur de luth



La Sérénissime, bordée de chemins d’eau, se faisant miroir pour ses palais, régnant avec fragilité sur Véronèse, Tintoret, Tiepolo, Bellini et bien d’autres encore. Sous la lumière diffuse des lumignons, tu nous laisses sous ton fard entrevoir quelques rides. Le matin, tu nous offres la beauté de tes murs lépreux et, le soir, tu te fais Grande Dame, élégante, que l’on accompagne à la Fenice.

Voilà déjà bien des années… tu resteras la rencontre qui envoûta mon âme par la lumière si particulière de ta lagune, de tes pierres qui parlent, de ton charme éternel…

Elle – Orient-Express
le désir de s’y perdre
un spritz pour rêver

Graziella Dupuy
Saint-Amant-Tallende, le 11 janvier 2010

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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 11:51

  affiche

 

COUVERTURE 1

 

Un miroir est posé au milieu du courant

Qu’est-ce que l’eau ? « un liquide incolore, transparent, insipide »... André Hébrard, photographe, a une vision tout autre de l’eau et puisqu’il s’agit d’eau, dans son esprit a germé un projet : mettre en adéquation « ses photos et des textes pour les accompagner ».

 

  21 photos en noir et blanc illustrées par des Haïkus écrits par Graziella Dupuy
  21 photos en couleur soulignées par de petites histoires écrites par Jac Lavergne

« ODYSSÉE D’EAU » est un voyage à travers la représentation de l’eau dans la vie de tous les jours. L’eau étant très présente en Auvergne, il ne restait plus à notre photographe que l’embarras du choix.

Il est vrai que beaucoup d’expressions sont rattachées à l’eau ; cela coule de source, mettre de l’eau dans son vin, être tout en eau, avoir l’eau à la bouche... Dans d’autres domaines il y a aussi l’eau de Cologne, l’eau de toilette, les eaux territoriales, les eaux et forêts, pour les graveurs il existe un procédé appelé « eau-forte », pour certains fabriquants de boissons fortes il y a l’eau-de-vie... L’eau est partout, ne sommes nous pas nous-même 70% d’eau... tellement présente dans le langage courant qu’elle en devient banale, abstraite.

Mais, dans toutes les expressions imagées de l’eau il en est une merveilleuse, qui nous a interpellée, « perdre les eaux » pour donner vie, l’eau source de vie, de rêves, d’histoires gaies ou tristes, d’inspirations pour les poètes et les peintres. Puisqu’il y a vie, il y a le regard que l’on porte sur les choses, les endroits, les trois fois rien qui font que la vie devient plus agréable, « ODYSSEE D’EAU » est un de ces moments, un voyage à travers le regard du photographe André Hébrard, la poésie des textes de Jac Lavergne et l’instantané des Haïkus de Graziella Dupuy. André Hébrard, Graziella Dupuy et Jac Lavergne nous offrent un voyage immobile au fil de l’eau.

                                                                                             Graziella Dupuy

 

Odyssee d'eau11

 

 

odyssee d'eau14

 

 

odyssee d'eau34

 

 

Odyssee d'eau10

 

Cet ouvrage est en vente à la librairie PRIVAT - Clermont-Ferrand

ou sur le site http://www.edicreer.com/bookDetail.aspx?mnu=12&id=222

extrait d'un article publié dans Le Journal La Montagne

 

 

·  BREVE : Thiers / Ambert

AMBERT
Livre 
lundi 14 décembre 2009 - 19:02 

Un voyage immobile au fil de l'eau, grâce à André Hebrard

lu 69 fois


 




 

 






 

C'est d'un constat simple qu'est né « Odyssée d'eau », un livre de photos signées André Hebrard, accompagnées des textes de Graziella Dupuy et Jac Lavergne.

L'eau est partout. Surtout dans nos régions.

Dans les expressions de la vie courante (« cela coule de source », « mettre de l'eau dans son vin », « avoir l'eau à la bouche »), l'eau est omniprésente. C'est aussi le cas dans le livre de photos d'André Hebrard. En cascade, en ruisseau ou en lac, elle semble avoir quelque chose à nous dire. Quelque chose qui pourrait bien être les quelques lignes écrites par Graziella Dupuy et Jac Lavergne.

Version haïkus (petits poèmes brefs d'origine japonaise) pour la première partie. Les mots, évanescents, emportent le lecteur dans un ailleurs charmant. « A mon chant d'amour\sans vergogne s'est mêlé\le chant du torrent » écrit Graziella Dupuy en commentaire d'une photo où le blanc des embruns contraste parfaitement avec le noir des rochers.

Pour les photos couleurs, André Hebrard a choisi la prose de Jac Lavergne, pleine de tendresse et d'humour. « Sais-tu qu'en collant ton oreille contre cette photo, tu peux entendre la musique de la Guinguette du bout du chemin ? Y'a même une barque avec un accordéoniste qui va passer. Attention qu'elle ne te rentre pas dans l'oreille ! ». 

Vendredi 18 décembre, de 14 h 30 à 19 heures, à la librairie Rouge Papier (anciennement Le cadeau chic), en présence de Graziella Dupuy.

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 10:22

Nous voici revenus au temps des anciens, nous sommes à nouveau touchés par la simplicité, l’impertinence et l’authenticité des mots de certains Haïjin.

Ces mots ancrés dans le réel mais laissant percevoir l’émotion, la fragilité, l'éphémère, la beauté de ces trois fois rien qui nous entourent. Voilà pourquoi, le Haïku, pour moi correspond à un instantané photographique.

           

Brumes et rivières se côtoient, dans un même mouvement, tôt le matin, appareil photo sur l’épaule, je romps le silence de mes pas, les nuages crient de joies aux premiers rayons de soleil.

En lévitation parmi les nuages, j’observe l’instant, j’attends le moment propice où la lumière sera là, juste, précise à ce que je recherche, pour pouvoir enfin voler l’âme de Dame Nature.

 

C’est dans cet esprit que je cherche des images, malheureusement je ne suis pas photographe, la seule mémoire photographique que j’ai est en moi  je l’exprime par quelques mots…

 

Merci mes amis –

Ces Images « haïkuestes »

Si douces si douces

 

"haïkuestes" : néologisme déposé par Francis Tugayé

   

Notes utiles à propos du renku

 

Un renku commence par le Hokku. Ce verset de trois lignes est la salutation (d’ordinaire écrit par l’invité d’honneur).

Ensuite vient le Wakiku. Ce verset de deux lignes (normalement écrit par l’hôte) est lié au précédent (même saison, même scène).

Le Daisan vient ensuite et devrait aborder un sujet différent des deux premiers versets.

Après le Daisan, chaque verset est lié au précédent, tout en étant différent ; Ce « déplacement » peut être développé à partir du sujet, de l’atmosphère, de l’émotion, etc du verset précédent

Idéalement, on se garde de repérer ce qui a été abordé dans n’importe lequel des versets précédents

Les fleurs, la lune et l’amour sont des thèmes réservés à des versets en particuliers

Pour ce qui est du rythme, les 6 premiers versets forment le prologue (jo) , les 24 suivants, le développement (ha) et les 6 derniers forment la conclusion ‘kyu)

Le renkushi  indique les thèmes des versets et choisit les versets à utiliser parmi les suggestions reçues

 

Renkushi : maître de renku

                                                                              Graziella Dupuy

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 12:40

Chiyo-ni

Chiyo Fakumasuya appelée CHIYO-NI
(1703 à maltto - 1775) 
Au parfum des fleurs
je ne montre que mon dos
changement de robe
           Chiyo-Ni
Ce petit poème extrêmement bref vise à dire l’évanescence des choses par sa capacité à concentrer le réel, il nous donne autant à voir qu’à ressentir.
Cette forme d’écriture est avant tout une suggestion d’images d’une brièveté saisissante.
“Le haïku s’articule souvent entre deux expressions dont les effets très divers (contraste, paradoxe, redite…) se renforcent mutuellement à l’instar d’une photo bien composée qui fige et conserve la trace d’un mouvement avec plus ou moins de flou, de profondeur, de luminosité.”(Francis Tugayé – Ploc n°8 octobre 2009)


Il met en évidence la fugacité du moment, il nous laisse face à nous même, il est d’un détachement total.

Dans le haïku il n’y a pas d’état d’âme, seulement l’humilité dans la perception, l’apparente insignifiance des choses, les trois fois rien de la vie, l’impression instantanée (je le compare souvent à un instantané en photo).

Le Haïku est le résultat d’une prise de conscience profondément ressentie à un instant T.

Cette expression (et là je vais certainement faire hurler les puristes) « artistique » est ancrée, en ce qui me concerne dans le précaire et l’éphémère, ce qui n’en est pas moins un principe de changement et de diversité.

C’est une vision poétique du monde, de la fulgurance du quotidien, le Haïku à cette musicalité que je retrouve lorsque j’écoute Debussy.

Ce dernier avait fait reproduire « La Grande Vague » d’Hokusaï en tête de la partition de son poème symphonique « La Mer ».

Voilà pourquoi pour moi il donne autant à voir qu’à entendre et ressentir.

L’écriture du Haïku nous amène également à la modestie, l’humilité, après tout ce ne sont que trois lignes (une seule en japonais).

Il faut écrire avec ce que l’on est, sa sensibilité, être en harmonie avec ce que l’on écrit, être authentique et suivre son instinct.

Je suis très attachée à l’art l’éphémère, on le pense, on le montre puis il disparaît, aucune trace sinon le souvenir ou l’impression que l’œuvre nous a laissée.

Il en est de même pour le Haïku si celui-ci vous a ému ou touché fait voir ou ressentir selon vos propres émotions pour moi et seulement pour moi c’est un haïku.

                                                                          Graziella Dupuy

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 12:35

L'éventualité d'emploi de métaphores dans le haïku
(reflet de mes intuitions, et non de mes certitudes)

L'emploi de métaphore est envisageable mais extrêmement délicat.
On peut distinguer trois procédés : le double sens, la métaphore discrète et la métaphore explicite.

I - Le double sens

Sombres sont les yeux
de l'épouvantail – rafale
à travers la bruine.


Dans ce haïku j'utilise le double sens de « Sombres » :
– sens concret non critiquable (aspect noirâtre)
– sens métaphorique (empreint de tristesse).

Le sens concret contrebalance le sens métaphorique personnalisant l'épouvantail.
Ce sens métaphorique n'est pas imposé au lecteur – même si je force un tant soit peu le trait, j'en conviens : « Sombres sont... » Au lecteur d'interpréter ou de ne pas interpréter.

Désolé de remettre encore sur le tapis le thème de l'épouvantail, sujet éculé s'il en est !
J'avais proposé à un de nos amis cette réécriture :

Déferlante
L'épouvantail résiste
les yeux déchirés


Deux remarques par rapport à sa première mouture :

1° il y avait « s'accroche » ; un épouvantail ne peut pas en soi s'accrocher... il peut résister.

2° il y avait « yeux chavirés », très expressif mais bien trop occidental.

Par contre, « déchirés » doté d'un double sens est envisageable appliqué au sujet traité :
– sens concret non critiquable (tissu déchiré)
– sens métaphorique (âme déchirée).

II - La métaphore discrète

On peut utiliser une métaphore discrète pour renforcer un aspect physique et concret, comme je l'ai tenté dans ce haïku :

Les monnaies-du-pape
luisent sous la lune froide
– gouttes de lumière.


L'association de « gouttes » à « lumière » n'est pas naturelle, mais « gouttes » suggère beaucoup plus en ce seul mot que ne le ferait n'importe quel autre mot.
Je vous laisse le loisir d'interpréter à votre manière « lune froide » et « gouttes de lumière ».

III - La métaphore explicite

Une métaphore explicite doit pouvoir à mes yeux être justifiée, notamment suggérer avec moins de mots ce qui pourrait être suggéré de manière apparemment plus simple... mais avec plus de mots.
On pourrait utiliser des métaphores explicites dans d'autres cas si l'on suggère finement en premier lieu le rendu d'une impression plus floue, et éventuellement (pourquoi pas) des sentiments, des émotions. Mais pardon d'insister, c'est très délicat, il ne faut pas imposer une interprétation au lecteur ; même si elle est sous-jacente, elle doit être floue.

C'est à vous de juger de la pertinence de ce haïku :

Pie en manteau noir
sur la barrière du champ.
Neige et ciel laiteux.


in Chevaucher la lune
éditions David, Ottawa (Ontario, Canada), 2001

L'effet métaphorique – de mon point de vue assez léger mais moins discret que dans l'exemple précédent – n'était pas du tout prémédité.

En quelques mots, la pie est esquissée dans un contexte approprié : un temps de neige.
Les deux expressions se renforcent mutuellement, ici par effet de contraste.

Ce haïku fut précédé et suivi d'essais différents : cette première version se voulait un hommage au peintre impressionniste Claude Monet, mais la pie est mise trop en avant, alors qu'elle est en retrait dans La pie, Musée d'Orsay, Paris.

Cela donna une toute autre version sensée être au plus proche de la composition du tableau :

Neige intacte
des monts jusqu'à la barrière du champ.
Tiens, une pie.


in Le bleu du martin-pêcheur
anthologie trilingue, éditions L'iroli, décembre 2007

Dans ce haïku de Buson :

Chauve souris
cachée tu vis
sous ton parapluie cassé


in Fourmis sans ombre
de Maurice Coyaud,
éditions Phébus (1999), page 91
(sous réserve de la traduction/interprétation de ce haïku japonais)

Il s'agit bien d'un procédé métaphorique, non d'un pur procédé de juxtaposition susceptible de créer un lien chez le lecteur. Vous devinez facilement qu'il est bien question des ailes de la chauve-souris (et pas d'autre chose), bien qu'elles ne soient pas nommées.
Si vous apercevez une chauve-souris... sous un parapluie, j'espère que vous aurez un appareil photo pour immortaliser l'instant !

Il y a une justification à l'utilisation de cette métaphore dans l'influence fortement animiste des japonais.
En conclusion à ce stade, je ne prône pas la métaphore explicite sauf dans quelques cas rares difficiles à discerner, mais ceci nécessiterait de faire un développement plus conséquent.

Remarque sur la suggestion et le non-dit

Ce sont mes deux leitmotiv. Il ne s'agit pas de faire dire au haïku ce qu'il ne dit pas, ce qu'il ne doit pas dire (quoique je me contredise à propos du double sens). Il s'agit d'essayer de suggérer non pas une idée mais une impression floue – une impression rendue plus floue par la suggestion, le non-dit.

Rien n'empêche, à mes yeux, de suggérer des sentiments s'il y a double sens d'un mot ou d'une expression (sens concret, sens métaphorique).

Donc, dans « parapluie cassé », Buson tente de suggérer – sans l'imposer au lecteur – une ambiance rendue plus forte par une image saisissante (non abstraite). Dans ce cas, il n'y a pas a priori de double sens... mais l'ambiance rendue est susceptible de mener le lecteur au-delà des mots.

Francis Tugayé - Tous droits réservés ©

article publié en juillet 2008 dans le n° 20 de la revue Gong
éditée par l'Association Française de Haïku
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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 12:16

 

 

 

 

 

mercredi 6 octobre

FESTIVAL AFH 2010

Type : Musique et Arts - Exposition
Où : Lyon
Quand  : De mercredi 6 octobre à 18:30 jusqu'à
dimanche 10 octobre à 17:00
Votre réponse : Peut-être (modifier)
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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 10:22

Haïku

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 10:26

route bordee d'arbre2

 

En partance pour l’endroit de mes rêves, à deux de préférence, mais ce week-end là, un petit lutin est avec nous, un couple avec enfant pour un week-end quoi de plus normal me direz vous ?

 

 

Première étape :
Préparer la valise du lutin, bon ça encore ça va, juste quelques objets, livres etc.… pour l’occuper si besoin est.


Deuxième étape :
Préparer la notre, lui a bien ciblé ce qu’il va emporter, car il a une petite idée de ce que sera pour lui ce week-end, temps préparation 15 mn.
Elle… tenue de voyage, tenue de sport, tenue d’après midi, tenue pour sortir, trousse de toilette, vanity devrais je dire, sans oublier les chaussures, une paire pour chaque tenue voire une supplémentaires, on ne sait jamais… sans compter les cintres sous housse avec ce qui ne doit surtout pas être froissé . M. lui exulte, mais patient et surtout amoureux ne dit rien, où plutôt, chérie, es tu certaine de ne rien avoir oublié ?
Reste à caser tout ça dans le coffre, M ; s’en charge (il avait oublié que les roses sont roses où plutôt “que les femmes sont chiantes”)…


Enfin, on est parti !


Mme met la radio, un peu de Rapp, une insulte pour les oreilles de M ; qui gentiment lui demande, cela ne t’ennuie pas si je change de station ?
Mais non chéri… France musique, super… Bla Bla bla bla bla bla … nous allons écouter maintenant Anne Marie Le Gay, dans une interprétation exceptionnelle du concerto pour la main gauche en ré majeur de Ravel, enfin un peu de musique… cela adoucit les mœurs dit on ! sauf que petit lutin… papa tu as vu ces grosses buses dans le ciel … mais non trésor ce sont des parapentes… lui le concerto il s’en moque et commence à trouver le trajet un peu long.
Le couple, amoureux essaye de profiter de ce voyage, moment intime où l’on découvre mille images, on s’émerveille devant l’existence de certains paysages, la magie d’un infini, et toi le voyage, certes temporaire, éphémère, tu sublime ces instants pour quelques souvenirs pour dans bien longtemps.


Félicitation à ce nouveau couple, mais attention à ne pas refaire ce qui a été déjà fait, les leçons que l’on tire du passé ne valent que pour ce qui a été, chaque nouvelle expérience nous fait commettre d’autres erreurs, on croit savoir, mais on ne sait jamais…


Goldman dit dans une de ses chansons…
[ça ressemble à la Toscane, douce et belle de Vinci…. Aux saisons tièdes, aux beaux jours, aux silences après l’orage, au doux toucher du velours…. C’est pleins de baisers caresses pleins de mots sucrés d’enfants… attestation de tendresse, rituel rassurant… harmonie, intelligence, raison ou sécurité, complice connivence, autant de mots pour exprimer tout ce que c’est, c’est un peu ça tour à tour…. La Dolce vita sans doute, en tous cas]...
Est-ce ça l’amour ?


La joie est en tout, il faut savoir l’extraire (Confucius)
Bonne route Petit Prince, va où le vent te mène…


27 avril 2010 - Tous droits réservés ©

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17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 10:23

 


matisse rouge

“L’Atelier rouge (le panneau rouge)” Issy-les-Moulineaux, automne 1911

Henri Matisse

huile sur toile, 181 x 219,1 cm

The Museum of Modern ART

New York, Mrs Simon Guggenheim Fund

 

 

 

A te contempler

Alors que la pluie ne cesse de tomber

Mon cœur s’emplit d’amour

Toutes les nuits comme au premier jour

 

Vous m’avez vu cent fois

Au plus profond désarroi

Dans une solitude sans fin

Aux détours des chemins

 

Nos chemins se sont croisés

Et doucement mon cœur à chaviré

Tout devient plus merveilleux

Dans la profondeur de tes yeux

 

Dans tes bras je sais m’envoler

Pour découvrir l’éternité

Lorsque ton corps s’enflamme

A faire frémir mon âme

 

Je voudrai inventer des noms

Des noms de couleur

Pour écrire le bonheur

Mais je n’ai que du vermillon…

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